LTSVISION x EMILIE (EMARA STUDIO)

LTSVISION x EMILIE (EMARA STUDIO)

Pour ce LTSVISION, on vous présente Emilie, modéliste. Elle raconte son parcours, sa vision de la mode et parle de sa marque de vêtement, Emara Studio, qui sort prochainement.

 

Hello Emilie, peux-tu te présenter et décrire ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Salut, moi c’est Emilie, j’ai 22 ans et je suis styliste-modéliste.

Mon parcours scolaire a été tout tracé. J’ai commencé par un Bac Pro dans les métiers de la mode. Diplôme en poche, j’ai décidé de continuer dans la lancée et je suis partie seule à Bordeaux pour faire un BTS dans les métiers de la mode.

J’ai voulu arrêté les études après ça et partir 6 mois en Italie mais j’ai un peu flippé et j’ai décidé de faire une école privée (MJM GRAPHIC DESIGN) avec une spécialité Stylisme-Modélisme.

J’ai fait 1 an là-bas, mais j’ai dû arrêter au début de la 2ème année pour des problèmes de santé. C’est là que j’ai eu l’envie de créer ma marque de vêtement. Ça a été la meilleure décision de ma vie.

D’ailleurs, j’aimerais dire qu’être déscolarisé ne fait pas de vous un(e) idiot(e). Si vous n’êtes plus fait(e) pour l’école, ne vous forcez pas et vivez de ce que vous aimez le plus. Même si vous gagnez moins, vous serez plus épanoui(e) dans vos vies.

 

Photo prise par @adrelanine

 

Tu es aussi modéliste. Il s’agit d’un métier essentiel dans la fabrication d’un vêtement, mais très peu exposé. Peux-tu donner plus de détails sur ce métier ?

Le métier de modéliste est très mal défini, tout le monde pense qu’un modéliste est juste là pour fabriquer le vêtement que le styliste a dessiné.

C’est beaucoup plus que ça, il y a énormément de recherche sur les matières, les finitions et les couleurs.

Si je devais donner les étapes du dessin à la réalisation ce serait :

– Analyse du dessin (proportions, le type de vêtement, le type de matière, etc.)

– Moulage sur mannequin (on prend de la toile et on essaie de créer le vêtement)

– Premier patronage (créé grâce au moulage)

– Fabrication du prototype

– Essais sur mannequin vivant (c’est là où on voit les erreurs )

– Correction du premier patronage

– Choix des matières, des finitions, des couleurs (beaucoup de test)

– Création du vêtement dans la matière

– Essais sur mannequin vivant (il y aura forcément des petites modifs à faire)

 

Tu as aussi une marque de vêtement en préparation ?

Oui, j’ai la chance de collaborer avec un ami (big up à toi Pierre). Elle se nomme Emara Studio. C’est une marque de streetwear éco-responsable car tous les vêtements sont fabriqués en France et nous essayons au maximum d’utiliser des matières naturelles et bio.

 

Quel est ton rôle chez Emara Studio ?

Je suis la co-créatrice de la marque mais aussi la styliste-modéliste. Je fais les patronages, les prototypes et la fabrication des vêtements.

 

D’où vient ton inspiration dans tes projets ?

On m’a appris à m’inspirer de tout mais je me base surtout sur les sentiments car ils prennent une grosse place en moi. Je prends aussi inspiration dans la vie et la nature. Je peux très bien regarder un mur et me dire ” tiens, ça me donne une idée “.

A mon sens, l’inspiration ne devrait pas s’arrêter à un vêtement déjà défini. Si votre inspiration ne vient que grâce à un vêtement déjà créé, pour moi, vous n’êtes pas créatifs et que vous devriez changer de métier. On ne peut pas se forcer à être créatif, on naît avec ce sens.

 

On parle beaucoup de mode éco-responsable, certains semblent légitimes, d’autres l’utilisent comme un simple argument marketing sans exposer les enjeux. Qu’en penses-tu ?

Je pense qu’il est important de dire pourquoi cette marque est éco-responsable. Cependant, si elle l’est juste pour toucher plus de monde, ça serait triste de ne pas développer leur pensée. Mais, au final, ils font quelque chose de bien, non ?

 

Photo avec Emilie LSTVISION LAETUS STORE provenant de Instagram
Photo prise par @mikkael.s

 

Parlons un peu de ton style vestimentaire : comment le décrirais-tu ?

Si tu m’avais posé cette question il y a 1 an, je t’aurais répondu ” Streetwear “. Pourquoi ? Car j’avais ce besoin de faire partie d’un groupe. Aujourd’hui, j’ai mon propre style, je m’achète les vêtements que je veux sans me dire ” Non là ce n’est pas Streetwear “. Si vous aimez un vêtement, achetez-le. Soyez vous-même, il est fait pour vous.

 

Et où achètes-tu tes vêtements ?

C’est la partie la plus triste car je m’habille grâce à la Fast Fashion, donc Asos, Bershka, Zara…

Ça me rend hyper triste parce que je suis en train de créer une marque éco-responsable mais au final ma garde-robe ne suit pas. Si j’avais les moyens vraiment de m’habiller que chez petits, moyens et grands créateurs respectueux de la planète, je le ferais tous les jours. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas pour l’instant.

 

D’ailleurs, quelles sont tes marques de vêtement Streetwear / High Fashion préférées ?

Ma marque de Streetwear préférée je pense que c’est Pièces Uniques après je suis une grande fan de Balenciaga, j’adore ce que la marque dégage en elle-même, c’est un peu du jemenfoutisme et j’adore ça !

 

Photo avec Emilie LTSVISION LAETUS STORE balenciaga adidas

 

Que penses-tu du Streetwear en France aujourd’hui ?

Alors là… le Streetwear en France est devenu n’importe quoi. Il est hyper mal défini, il suffit que tu mettes du Supreme ou du Off-white pour te définir comme une personne qui adore le Streetwear. Déjà, si tes références ne sont que ces deux marques, félicitations, tu fais partie de la catégorie iencli de l’année !

Pour moi, ce style est né dans nos cités, on ne se prenait pas la tête. C’était une petite paire de TN avec gros ensemble Sergio Tacchini et une petite sacoche Louis Vuitton acheté au marché et là, t’étais le boss. Maintenant c’est devenu un style pour petit blanc riche, avec leur ceinture off-white qui descend jusqu’aux chevilles, leurs paires de sneakers en édition limitée qu’ils ne portent même pas et qu’ils laissent sur leur étagère juste pour dire « je l’ai cop, je fais partie de l’élite »… Bref, le Streetwear d’aujourd’hui, je le déteste.

 

Quels sont tes futurs projets en dehors de la marque ?

J’aimerais bien partir en Italie et travailler pour Balenciaga ou créer une marque de Haute Couture ou même faire de la musique, de la danse, du dessin… j’aime toucher à toute forme d’art et à l’avenir j’aimerais pouvoir être polyvalente.

 

As-tu des conseils à donner à ces nombreux jeunes qui cherchent à entrer dans le milieu de la mode Streetwear / High Fashion ?

Ce n’est pas en achetant des choses super cher que vous serez stylé : regardez le Youtubeur qui ouvre des boosters de cartes Pokemon, c’est un bon exemple.

 

Et s’il y avait une marque que tu aimerais qu’elle soit mieux exposée, notamment sur LAETUS, laquelle serait-elle ?

Emara Studio ? (rires)

Pour nos prochains interviews sur LAETUS, y aurait-il une personne que tu aimerais voir en particulier ?

 

Une personne que je connais depuis longtemps et qui a beaucoup évolué dans son style, @le.renardnoir !

 

 

N’oubliez pas de suivre @laetus.store et @sombreidiote sur Instagram !

Klain

Un type comme vous qui aime bien s'habiller décontracté, boire du Bombay et lire Tokyo Ghoul.

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